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Nouvelles d'Ukraine

Quelques nouvelles d’Ukraine et de Russie le 18 novembre 2014

Dans la surenchère actuelle et au milieu de tous les bruits de bottes qui vont en s’accentuant, il est très important de trouver des raisons d’être optimiste.

A ce titre l’engagement d’une femme russe admirable : Héléna Vassiliéva mérite d’être souligné.

Elle a crée, sur Facebook, un groupe nommé « Grouze 200 » titre que tout le monde connaît dans l’ex union soviétique depuis l’Afghanistan. Sous cette appellation se cachait l’organisation du transport des corps des militaires morts au combat.

Cette femme courageuse reçoit des témoignages d’épouses ou de mères de soldats russes en Ukraine, à qui on a caché le lieu de leur disparition. Elle soutient, de plus, toutes celles qui encouragent leur fils ou leur mari à ne pas partir.

Vassiliéva dit (mais ces affirmations sont tout de même à prendre avec prudence !) que déjà 4500 soldats russes sont morts en Ukraine.

Elle a eu des informations selon lesquelles à St Petersburg (300), Mourmansk (200), Omsk (200), dans les casernes, les hommes font leur possible pour éviter de partir combattre : ils invoquent la maladie, des raisons familiales ou… refusent carrément.  Certains militaires de carrière ont même préféré perdre leur emploi plutôt qu’accepter d’aller en Ukraine !

Pour la même raison, à Rostov 250 appelés ont refusé de signer leur contrat et d’ôter leurs insignes, s’opposant aux ordres qui avaient été donnés.

Aux dires de certains officiers russes sur 3 ou 4000 hommes requis, seuls, 150 à 200 ont accepté de partir faire la guerre en Ukraine.

Si le mouvement s’étend cela risque de gêner la politique expansionniste de Poutine. Cependant il suffit de regarder une carte de l’est de l’Ukraine pour se rendre compte de la logique des évènements.

La Crimée, annexée au printemps, est séparée de la Russie par un bras de mer. Un pont est en projet de construction mais pas avant 2020 et cela pose des problèmes techniques. La Crimée, ravitaillée aujourd’hui par cargos et ferries, a connu un été catastrophique sur le plan économique : chute du tourisme, difficultés de ravitaillement, renchérissement des prix, inflation galopante, infrastructures obsolètes…

La solution à court terme, du point de vue des autorités russes, passe par une liaison terrestre qui va de Marioupol à Simféropol, donc en annexant toute la bande de terre comprenant les villes de Berdiansk et Melitopol.

D’après certains échanges sur les réseaux sociaux, on peut craindre une offensive avant l’hiver. Tous les ukrainiens sur place retiennent leur souffle et espèrent que cela n’arrivera pas !

Ils font preuve d’un étonnant courage et de beaucoup de sérénité en poursuivant leurs activités, tout en se tenant prêts à partir (pour ceux qui le peuvent), si la situation devait dégénérer.

Jean Dherbey

Mis à jour (Mardi, 27 Janvier 2015 06:17)